Aujourd'hui dans la Presse n°1

Les méchants casseurs, ou les casseurs de gueule, encore une fois, c’est simpa de voir que, tout le monde est d’accord.

Partie 1 : Le gouvernement c’est gentil, les gilets jaunes sont des salamis :

Vu dans le figaro :

Treize personnes ont été mises en examen pour le pillage de l'Arc de Triomphe lors des manifestations violentes de "Gilets jaunes" samedi à Paris, a annoncé aujourd'hui le parquet

Plus de 200 entreprises ont été dégradées à Paris lors de la dernière journée de mobilisation des "gilets jaunes

Le mouvement des «gilets jaunes» et ses débordements viennent rappeler au monde entier les contradictions des Français, qui réclament toujours plus de services à l'État, mais qui hurlent dès qu'il s'agit de les financer.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces hommes et ces femmes anonymes, venus des profondeurs de notre pays, sont parvenus à monopoliser l'attention générale et à imposer leur agenda aux pouvoirs publics. Beaucoup semblent s'en réjouir. Nous pensons qu'il faut surtout s'en inquiéter.

la majeure partie de nos concitoyens se montre touchée par le désespoir très visible de cette France «d'en bas

Vu dans le 20 minutes :

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“Un an de prison ferme contre deux manifestants de l'Ardèche”

De violentes échauffourées avaient éclaté samedi dans le bourg du Pouzin au cours desquels 19 gendarmes avaient été blessés…

Ils ont été reconnus coupables de violences en réunion sur les gendarmes mais ils ont été relaxés pour participation à un groupement en vue de commettre des violences

Tout était sous contrôle quand, en fin de journée, la situation s’est brutalement tendue, avec l’arrivée de gens hors gilets jaunes venus pour en découdre, armés de couteaux, fusées, cailloux… », avait expliqué la préfète.

Ces derniers avaient « caillassé sérieusement les gendarmes qui ont dû tirer des grenades lacrymogènes »

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«Gilets jaunes» à Antibes: Huit mois de prison pour des violences «inexcusables» sur les CRS

Heureusement que nous étions casqués, en plusieurs années de carrière je n’avais jamais vu un tel acharnement », a témoigné un autre CRS, cité par Nice-Matin.Les policiers ont essuyé une pluie de projectiles, puis de coups, après avoir sommé les manifestants de dégager l’accès à l’autoroute A8 et l’envoi, finalement, de grenades lacrymogènes.

Partie 2 : Les casseurs c’est gentil, les gendarmes sont pas jolis

vu dans Libération

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Procès de gilets jaunes : «On nous parle de matériel de guerre, mais ça pourrait venir des farces et attrapes !

C’est ainsi le cas de Florian, interpellé samedi à 15 h 15 près de la Bastille. Où, concède le parquet, «il n’y avait pas de gros affrontements avec les forces de l’ordre.» Mais il avait aussi sur lui un masque de protection. «Une arme de guerre !», soutient l’accusation, avec pour seule preuve le procès-verbal d’interpellation d’un policier… L’avocat de la défense s’insurge : «On nous parle de matériel de guerre, mais ça pourrait aussi bien venir des farces et attrapes ! On fouille mon client dans le métro, on trouve ce bidule et ça prouverait qu’il est un émeutier ! Ça suffit, ce genre de dossier ! Votre tribunal n’est pas une chambre d’enregistrement.»

Avec Valentin, mécanicien vivant à Chartres, l’accusation se fait plus modeste : «doigt d’honneur, en récidive légale». Donc simple outrage aux forces de l’ordre, sans la moindre violence. Lui aussi sera finalement jugé plus tard, mais la procureure exige son placement en détention provisoire, «pour que nous soyons rassurés» sur sa présence future au tribunal. Son avocat peste globalement : «J’ai pu le voir cinq minutes dans le box. Les conditions de ce genre de procès sont inadmissibles !»

Il n’empêche, l’accusation peut être soupçonnée de faire du chiffre, brandissant elle-même ces 278 gardes à vue suite à la dernière manifestation parisienne. Avec des chefs d’accusation parfois nébuleux, comme celui de violences ou dégradations commises car «se trouvant au milieu d’individus virulents avec visages masqués.»

vu dans Médiapart

Après les affrontements de samedi, 70 personnes ont été jugées en comparution immédiate, lundi, au tribunal de Paris. On attendait des « casseurs », des vrais de vrais. Les juges ont découvert des ouvriers, des techniciens, des artisans, des jeunes venus à Paris, souvent pour leur première manifestation et emportés par les vagues de violence. Les peines de prison – ferme ou avec sursis – sont tombées comme à Gravelotte avec des procureurs décidés à en découdre

Stéphane vient « de la campagne », « d’un milieu agricole où on a toujours un couteau sur soi », « pour bricoler, couper le saucisson, le fromage » et aussi une lampe-torche. Il a 45 ans, un CDI de boucher dans un abattoir, un emprunt à rembourser, une fille qui vit avec sa mère dont il est séparé et à laquelle il verse une pension alimentaire. Samedi 1erdécembre, il était « tout content » de vivre sa « première manifestation d’envergure »dans la capitale contre ce gouvernement « qui a enlevé 100 euros de retraite à nos anciens, nos parents, nos retraités ». Il avait roulé la veille depuis ses Hautes-Alpes jusqu’à Lyon avec les copains, puis pris le TGV jusqu’à Paris.

Vu les scènes de violence regardées à la télé, la bande avait prévu « de se protéger ».Stéphane avait un casque de chantier avec visière, un masque de peinture. Arrivés de nuit à Paris, ils ont attendu que la manif commence en picolant parce qu’ils sont bons vivants et que ce voyage, ils le voulaient festif. Stéphane le concède : à une époque, il a eu un problème avec l’alcool. Mais plus maintenant. Vers 8 heures, ils se sont dirigés vers les Champs-Élysées. Mais ils n’ont jamais réussi à y accéder à cause des barrages de CRS aux alentours.

Stéphane s’est mis en tête de convaincre les CRS « de rejoindre le peuple ». Ils ont refusé, l’ont repoussé. Et c’est là que tout s’est envenimé. « Je suis devenu con, je les ai trouvés tellement froids, j’ai foncé dans le barrage pour montrer à Macron que le peuple est plus fort que les CRS. » Stéphane en a oublié de mettre son casque de chantier pour se protéger. Il est ressorti à 8 h 50 menottes aux mains et avec un énorme cocard à l’œil droit. Le voilà maintenant dans ce box vitré du TGI de Paris à tirer sur ses poils de barbe après des heures en garde à vue et deux nuits à Fresnes. Lui qui a un casier vierge doit justifier pourquoi on a trouvé sur lui un Opinel et une lampe-torche alors qu’il faisait plein jour.

Il veut parler de politique, de cette France oubliée qui travaille dur, le président l’arrête : « Ici, ce n’est pas une tribune politique. » Stéphane baisse la tête, penaud. Il dit qu’il est « au bord du suicide », s’excuse « d’avoir été con ». La procureure requiert six mois de prison ferme avec mandat de dépôt.


Stéphane écope de quatre mois de prison ferme. « Nous ne prononçons pas de mandat de dépôt. Vous serez convoqué par le juge des applications des peines de Gap et vous verrez ensemble comment aménager la peine », lui dit le président. Mais Stéphane ne l’écoute déjà plus, sidéré, ne retenant plus que le mot « prison ».

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Zineb Redouane, blessée par une grenade lacrymo et décédée à l’hôpital à Marseille

Une femme de 80 ans, blessée samedi dans son appartement par des éléments d'une grenade lacrymogène tirée lors d’incidents sur la Canebière après les manifestations à Marseille, est morte dimanche 2 décembre au bloc opératoire de l’hôpital de la Conception.

« Elle était défigurée, comme si on l’avait tapée, dit Fatiha, une amie de Nadjia, également présente à Conception dimanche. Elle parlait un peu. Elle a dit qu’elle allait déposer plainte, que les policiers l’avaient visée sur son visage. »

Mais « à ce stade, on ne peut pas établir de lien de cause à effet entre la blessure et le décès ». L’octogénaire a été victime d’« un arrêt cardiaque sur la table d’opération », a précisé Xavier Tarabeux à Reuters, dans la soirée, ajoutant que l’autopsie avait révélé que le « choc facial n’était pas la cause du décès ».

Pour Finir :



Certains internautes ont crié au complot et ont avancé la thèse que ces images étaient peut-être fausses, voire remontées à plusieurs jours ou provenaient d'une autre manifestation. "La vidéo des gilets jaunes matraqués dans un Burger King est-elle vraie?", c'est la question qui a été posée sur le check news de Libération. Et la réponse est "oui". Des journalistes de ce média étaient présents sur place.