Aujourd'hui dans la Presse n°4

L’intervention d’Edouard Philippe sur TF1 résumé :

Le Premier ministre a fait savoir que le gouvernement était favorable à ce qu’une "loi nouvelle" soit adoptée pour sanctionner les participants « à des manifestations qui ne sont pas déclarées » ainsi que ceux « qui arrivent aux manifestations cagoulés ». Le texte pourra être discuté à l’Assemblée nationale « dès le début du mois de février »

Si aucune question ne fut posée à Édouard Philippe sur les violences policières, pourtant traitées dans le JT de TF1, on soulignera qu’il n’eut de lui-même aucun mot pour les évoquer et les condamner, se révélant plus loquace sur les 5 600 gardes à vue et 1 000 condamnations de manifestants gilets jaunes

En tout cas, dès samedi prochain, pour l'acte IX des «gilets jaunes», le dispositif policier mis en place sur l'ensemble du territoire sera renforcé avec 80.000 policiers et gendarmes mobilisés ainsi que le retour des blindés à Paris.

Les annonces du Premier ministre ont été accueillies avec scepticisme dans les rangs de l’opposition. Dans le camp présidentiel, on est d’autant plus porté à la sévérité que se sont multipliées, ces dernières semaines, les attaques visant les députés LREM

Relevons tout de même que le droit de manifester est fondamental. Et que, si c’est un fichier administratif qui est mis en place pour chaque “manifestant turbulent”, cela pourrait menacer les libertés publiques.

Ce Qu’en dit la Presse :

Europe 1 :

Au moment des annonces du Premier ministre, l'audience de TF1 a même atteint un pic de 7,4 millions de personnes et de 29,6% de parts d'audience.

Le 20 minutes

Réponses du sociologue Mathieu Zagrodzki :

Le droit de manifester est fondamental. S’il s’agit d’un fichier administratif, cela pourrait menacer les libertés publiques. Sur une décision préfectorale, il n’y a pas de procès, pas d’établissement de la preuve ni d’opportunité de se défendre. Une personne peut se retrouver sur un tel fichier pour de mauvaises raisons. Cela pose des questions constitutionnelles sur la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire.

LCI _

Le locataire de Matignon a fait savoir que le gouvernement était favorable à ce qu’une "loi nouvelle" soit adoptée pour sanctionner ceux qui ne respectent pas cette obligation de déclaration, ceux qui participent à des mobilisations non déclarées et ceux qui arrivent aux manifestations cagoulés. "Arriver cagoulé à une manifestation, c'est aujourd'hui une contravention. Demain, ce doit être un délit."

Edouard Philippe a également tenu à saluer le travail des forces de l'ordre et de la justice afin de répondre à "ceux qui remettent en cause les institutions". Le Premier ministre a expliqué que depuis le début des événements, il estimait que les interpellations et les condamnations permettaient de "garantir l'ordre public auquel nous sommes tous attachés".

L’opinion

Le gouvernement souhaite notamment sanctionner les participants « à des manifestations qui ne sont pas déclarées ». Le texte pourra être discuté à l’Assemblée nationale « dès le début du mois de février »

Les annonces du Premier ministre ont été accueillies avec scepticisme dans les rangs de l’opposition. « Edouard Philippe autorise les manifestants à ne plus manifester sinon ils seront fichés. Le roi des Shadocks est à Matignon », a écrit le leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon sur Twitter. Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a quant à lui estimé que les annonces étaient « sans efficacité immédiate. »

Le figaro

«Pas question de rester planqué». La flambée de violences de l'acte VIII des «gilets jaunes» a suscité une réaction aussi vive que rapide dans les couloirs de Matignon. Dès samedi prochain, pour l'acte IX des «gilets jaunes», le dispositif policier mis en place sur l'ensemble du territoire sera renforcé avec 80.000 policiers et gendarmes mobilisés et le retour des blindés à Paris

Au fil des actes des «gilets jaunes», la contestation s'est muée en attaques contre la République, a déploré le premier ministre. Certains viennent «pour casser, pour piller, parfois aussi pour remettre en cause les institutions», a dénoncé Édouard Philippe en martelant qu'ils n'auraient «jamais le dernier mot».

Libération

Dans le camp présidentiel, on est d’autant plus porté à la sévérité que se sont multipliées, ces dernières semaines, les attaques visant les députés LREM : dégradations de permanences, violentes invectives sur les réseaux sociaux, courriers racistes ou menaçants. Entretenant dans la majorité un sentiment d’angoisse, voire une franche panique chez les plus directement touchés. En un mois et demi «plus de 50 députés de la majorité ont été menacés ou victimes de dégradations de leurs permanences ou domiciles», a déploré lundi sur Twitter le député LREM Matthieu Orphelin.

Médiapart

Si aucune question ne fut posée à Édouard Philippe sur les violences policières, pourtant traitées dans le JT de TF1, on soulignera qu’il n’eut de lui-même aucun mot pour les évoquer et les condamner, se révélant plus loquace sur les 5 600 gardes à vue et 1 000 condamnations de manifestants gilets jaunes – des chiffres témoignant de l’ampleur inédite d’une répression qui embarrasse la justice.

Aussi condamnables soient-elles, les violences des gilets jaunes répondent à la violence d’un pouvoir qui ne veut rien entendre. Visant explicitement ceux qui « remettent en cause les institutions », le premier ministre a ainsi donné la clé de cet entêtement : ce qui alarme cette présidence, c’est que la question politique qui est au ressort de ce mouvement, au-delà de ses causes initiales – vie chère, pouvoir d’achat, injustice fiscale –, la remet en question directement.

C'est en effet celle de l’épuisement du système présidentiel, ce pouvoir personnel qui confisque la République, la dévitalise et la paralyse, cette monarchie élective qui, à force d’abus de pouvoir, finit par discréditer la démocratie française auprès du peuple souverain.